#NousAussi : 10 formes de violence sexuelle dans les relations entre partenaires intimes
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#NousAussi : 10 formes de violence sexuelle dans les relations entre partenaires intimes

5 min. de lecture

La violence de nature sexuelle fait très fréquemment partie du portrait des situations de violence entre partenaires intimes et de violence conjugale post-séparation. On en parle cependant encore trop peu et d’une façon qui ne rend souvent pas justice à la très grande variété de comportements qui peuvent en faire partie. Ces derniers sont donc souvent très difficiles à identifier et à aborder pour les victimes de violence conjugale.

Des comportements qui sont souvent criminels

De nombreuses formes de violence conjugale de nature sexuelle sont criminelles. Dès qu'un acte est commis sans le consentement libre et éclairé de la victime, il s’agit d’une infraction criminelle pour laquelle on a le droit de déposer une plainte auprès des services policiers.

Attention, contenu sensible

Le contenu qui suit décrit des formes de violence sexuelle en détail. Il pourrait être difficile à parcourir pour les personnes qui ont déjà subi des violences sexuelles avec un partenaire intime ou dans un autre contexte.

1

Consentement implicite et imposition de privilèges

Se donner des droits au niveau sexuel au nom de la relation intime ou de son genre ; Considérer l’implication dans la relation amoureuse comme garantissant un consentement en tout temps ; Imposer un rythme aux relations sexuelles, un nombre de fois par semaine minimum par exemple ; etc.

2

Violence psychologique et émotionnelle à connotation sexuelle

Dénigrer verbalement ou autrement l’apparence physique de la victime ; Ridiculiser la victime au niveau sexuel ; Utiliser la sexualité pour contrôler ou dégrader la victime ; Passer des commentaires en lien avec la sexualité pour humilier la victime devant d’autres personnes ; Comparer les “prouesses” sexuelles de la victime à celle de partenaires antérieures ou à celles vues dans des films pornographiques ; Menacer la victime de la tromper ; Manipuler la victime pour avoir des relations sexuelles ; etc.

3

Harcèlement sexuel

Faire des regards, sifflements, commentaires ou sobriquets à connotation sexuelle malgré un inconfort de la victime ; Afficher du matériel pornographique, dégradant ou sexiste dans le milieu de vie ; Insister pour avoir réponses à des sujets indiscrets que la victime ne souhaite pas aborder, sa vie sexuelle antérieure par exemple ; Poser des gestes physiques impromptus, comme toucher ou taper une partie intime, alors que c’est non-souhaité ; etc.

4

Gaslighting sexuel

Faire croire à la victime qu’elle avait préalablement donné son consentement à une activité sexuelle alors que ce n’est pas le cas ; Utiliser des fausses accusations d’infidélité dans le but de gagner le droit de contrôler ou de surveiller la victime ; etc.

5

Cyberviolences sexuelles

Filmer ou photographier la personne dans un contexte sexuel sans son consentement ; Publier, partager ou vendre des images intimes sans le consentement de la personne qui figure sur l’image ; Si la victime du partage d’images intimes a moins de 18 ans, ce dernier constitue de la production / possession ou distribution de pornographie juvénile et ce, peu importe le consentement de la victime ; Menacer ou partager des images intimes comme représailles suite à une rupture (par fois appelé “revenge porn” malgré qu'il ne s'agisse pas réellement de pornographie); Sextortion, faire du chantage et exiger de l'argent ou des faveurs en menaçant de publier des images intimes ; etc.

6

Exploitation sexuelle

Faire pression à participer à des actes sexuels avec des connaissances ou des amis ; Utiliser le prétexte d’une relation amoureuse dans le but de gagner du pouvoir sur une personne puis de la contraindre à offrir des services d’escorte, à se prostituer, à participer à de la pornographie (proxénétisme) ; etc.

7

Imposition de pratiques sexuelles non-désirées

Avoir mainmise sur la façon dont les activités sexuelles se passent, sur la nature des activités, sur leur intensité, sur le lieu où elles sont pratiquées et sur leur durée ; Refuser le port du condom ; Forcer ou empêcher la prise de contraceptif ; Violation de l’intimité sexuelle : s’autoriser à des relations extra-conjugales ou imposer un modèle relationnel qui implique d’autres personnes comme le poly-amour ou un “couple ouvert” ; Forcer à regarder de la pornographie, à participer à des activités qui peuvent mettre en jeu la sécurité de la personne (BDSM, étranglement, etc.), à effectuer ou à recevoir des actes sexuels non-désirés, etc. ; Ne pas respecter les ententes préalables quant aux limites des activités sexuelles ; etc.

8

Violence sexuelle par proxy

Menacer d’agresser une autre personne sexuellement ; Agresser l’enfant de la victime sexuellement ; Menacer ou blesser quelqu’un d’autre ou un animal de compagnie si la victime refuse une activité sexuelle ; etc.

9

Relations sexuelles sans consentement

Cacher une information qui pourrait avoir une incidence sur le consentement (une maladie sexuellement transmissible par exemple) ; Initier un rapport sexuel quand la victime n’est pas en mesure de donner son consentement, quand elle dort, qu’elle est sous l’influence de drogues ou d’alcool, etc. ; Utiliser certaines substances comme le GHB à l’insu de la victime, pour l’agresser sexuellement ; Retirer un préservatif à l’insu de la victime ; Poursuivre une activité sexuelle alors que la victime retire son consentement ; Menacer verbalement pour forcer un rapport sexuel ; Contraindre physiquement à un rapport sexuel ; etc.

10

Coercition reproductive

Exercer des pressions sur la victime dans le but d'avoir un enfant ; Saboter la contraception souhaitée par la victime, en perçant un condom ou en subtilisant ses pilules contraceptives par exemple ; Forcer la victime à mener à terme une grossesse qui n'est pas souhaitée, par la manipulation ou les menaces ; Empêcher la victime d'avoir accès à des services de santé en lien avec la contraception ou avec une grossesse ; Forcer la victime à se faire avorter ; Blesser la victime physiquement dans le but de lui faire faire une fausse couche ; etc.

Ça m’a pris plusieurs années avant de réaliser l’ampleur des violences sexuelles que mon ex m’a fait subir. Il était tellement habile pour me faire sentir que c’était moi le problème, moi qui étais “vieux jeu”, moi qui n’avais pas suffisamment de désir, moi qui n’étais pas assez ouverte d’esprit, pas assez cool, pas assez féminine, trop prude, trop égocentrique… avec une atmosphère de menace constante d’aller satisfaire “ses besoins” ailleurs si je ne me pliais pas à toutes ses volontés. Aujourd’hui, je réalise que cette emprise totale au niveau sexuel a été le moteur de son emprise sur les autres sphères de ma vie. C’est aussi l’une des blessures les plus profondes, dans mon corps, dans mon intimité et dans mon âme.

-Femme, 43 ans

Bien que la violence conjugale touche majoritairement des femmes, elle peut aussi toucher les hommes et les personnes issues de la diversité sexuelle et de genre. Les services de SOS violence conjugale sont offerts à toutes les personnes touchées par la problématique.

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