Préparer son départ : une étape délicate

Sécurité avant tout Se préparer à partir

Préparer son départ : une étape délicate

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Quitter une relation de violence conjugale comporte des enjeux et implique de nombreuses démarches. Si vous pensez à une séparation ou à vous réfugier en Maison d’hébergement, c’est probablement parce que vous sentez que votre sécurité physique ou psychologique (ou celle de vos enfants) est en jeu. C’est une décision difficile et vous faites bien de chercher de l’information pour vous soutenir dans votre réflexion.

Quand les proches s’inquiètent

Il est possible que votre réflexion sur une possible rupture ait été initiée par les inquiétudes de vos ami-es, de vos collègues ou de membres de votre famille. Les proches ressentent souvent un grand sentiment d’urgence, motivé par leurs peurs à votre sujet. Ils peuvent croire qu’une séparation assurerait nécessairement votre sécurité et peuvent donc parfois devenir très (trop) insistants à ce sujet. Puisque le moment d'une rupture peut être particulièrement sensible et que la sécurité à court terme n'est pas nécessairement garantie, il est important que vous sachiez que la décision de partir, la façon de le faire et le choix du moment vous appartiennent à vous seule. 

La perception de vos proches ou d’intervenant.es peut venir éclairer vos réflexions, mais il est important de respecter ce que vous sentez face à votre situation. Vous avez le droit de dire à vos proches que vous réfléchissez à la question, mais que vous n’avez pas encore pris de décision. Au besoin, vous pouvez les référer vers ce site web, ils y trouveront de l’information et des conseils pour bien jouer leur rôle de soutien

La sécurité avant tout

Rien n’est plus important que votre sécurité immédiate et celle de vos enfants. Le moment d’un départ peut être particulièrement sensible à ce niveau car le partenaire violent sent qu'il perd son emprise, et qu'il risque d'augmenter l'intensité de sa violence pour la regagner. Voici quelques stratégies qui pourraient favoriser votre sécurité et faciliter vos démarches pour la suite.

Préparer son départ avec une intervenante spécialisée en violence conjugale

Si vous en avez l’occasion, il peut être utile de planifier votre départ avec de l'aide. C'est une réflexion difficile et avoir recours à une intervenante pourrait vous faciliter le chemin. Elle pourra vous accompagner pour : 

  • Préparer la sortie la plus sécuritaire possible (le moment, le rythme, l’annonce de votre départ à vos proches, à vos enfants, à votre partenaire, etc.) ;
  • Réfléchir avec vous aux moyens possibles pour favoriser votre sécurité (se réfugier en Maison d'hébergement, consulter un-e avocat-e, faire une demande d’indemnisation à l’IVAC, etc.) ;
  • Planifier des scénarios de protection pour vous et pour vos enfants. 

Des intervenantes sont disponibles gratuitement pour vous offrir leur soutien et pour vous accompagner dans les démarches que vous choisirez d'entreprendre. Elles respecteront vos décisions et ne mettront pas de pression sur vous. Elles sont disponibles dans l’ensemble du Québec, 24 heures sur 24, que vous souhaitiez vous réfugier en Maison d’aide et d’hébergement ou non. Pour entrer en contact avec l’une d’elles, contactez SOS violence conjugale par téléphone au 1 800 363-9010.

Partir avec ses enfants

Il est recommandé d’amener ses enfants avec soi lorsqu’on quitte une relation comportant de la violence conjugale. Il est important de savoir que le fait de ne pas amener les enfants avec soi au départ pourrait avoir des répercussions plus tard, dans les démarches de garde d’enfant par exemple. Les Maisons d’hébergement sont des lieux pensés pour le bien-être des familles : il y a une salle de jeu, des jouets, des lits de bébé, des chaises hautes… et souvent, des amis ! Les intervenantes des Maisons d’hébergement travaillent sans relâche pour faire en sorte que le séjour des mamans et de leurs enfants soit le plus confortable possible.

Mettre en place des scénarios de protection

Différentes stratégies visant à favoriser votre sécurité peuvent être planifiées dès maintenant. Nous vous invitons à explorer l'article portant sur les scénarios de protection pour y réfléchir. De plus, la réalité technologique actuelle fait en sorte que des stratégies de protection à ce niveau doivent être prises en considération. Cet article permet de faire le tour de cette importante question.

Explorer la possibilité de porter plainte au criminel

Certaines formes de violence conjugale sont de nature criminelle (les violences physiques, les menaces, plusieurs formes de violences sexuelles, certaines formes de violence économiques, etc.). Porter plainte contre un partenaire violent peut faire partie des mesures permettant d'améliorer votre sécurité mais est une décision qui comporte de nombreux enjeux. Des intervenantes sont disponibles pour vous accompagner dans cette réflexion également.

En situation de danger immédiat, n'hésitez pas à faire le 911.

 

 

Ça m’a pris un certain temps avant de partir. Au début, quand j’y pensais, j’avais le vertige. J’avais tellement peur que ça se passe mal que j’étais figée sur place. J’ai appelé à SOS et j’ai été mise en lien avec une intervenante dans une Maison d’hébergement qui m’a aidée en me disant que je n’avais pas à tout faire tout d’un coup. Je lui ai parlé quelques fois et je suis même allée la voir pour préparer mon départ. J’ai caché un sac chez ma soeur, que j’ai graduellement rempli de tout ce que je souhaitais avoir en quittant. J’ai pris mon temps pour me préparer et quand je suis partie, je me sentais prête. Je suis demeurée dans la Maison d’hébergement durant deux mois et demi. Aujourd’hui, je suis libre.

Femme - 31 ans - Survivante

Préparer ses effets personnels

Si c’est possible, il peut être aidant de prendre le temps de préparer certains effets personnels qui pourront faciliter votre parcours pour la suite. Dans certaines situations, il peut être préférable de faire des copies (ou de prendre des photos) de certains documents plutôt que de prendre les originaux, afin d’éviter d’éveiller les soupçons d’un partenaire violent. Il pourrait aussi être plus sécuritaire de laisser votre sac de départ dans un lieu où votre partenaire n’a pas accès, au travail ou chez une amie par exemple.


*** S’il n’est pas possible de préparer des effets personnels à l’avance, soit par manque de temps ou encore parce qu’il y a un risque que votre partenaire s’en rende compte, ne le faites pas. Les intervenantes des Maisons d’aide et d’hébergement pourront vous aider à trouver des moyens sécuritaires pour récupérer vos biens essentiels une fois que vous serez à l’abri. 


Aucun des documents ou items mentionnés ci-dessous n’est obligatoire. Il s’agit d’un aide-mémoire qui pourra nourrir votre réflexion au moment de préparer vos effets personnels et ceux de vos enfants.

Identification

  • Certificat de baptême ou de naissance
  • Carte d’assurance maladie
  • Permis de conduire
  • Carte d’assurance sociale
  • Passeport

Relation

  • Contrat de mariage
  • Contrats liés à la vie commune
  • Jugements de divorce, de séparation ou autres
  • Rapports de médiation familiale
  • Nom et coordonnées des avocats, notaires, médiateurs, etc.
  • Preuves (photographies ou autres) d’événements de violence
  • Numéro d’événement (policier) / nom de l’enquêteur au dossier
  • Ordonnances de protection ou autres (810, etc.)

Finances

  • Argent liquide
  • Cartes de crédit et de débit (comptes à votre nom et comptes conjoints)
  • Dernier relevé bancaire
  • Dernier avis de cotisation de l’impôt (fédéral et provincial)
  • Dernière facture des comptes principaux (électricité, câble, internet, téléphonie, etc.)
  • Documents liés à la résidence (contrat d’achat, hypothèque, bail, taxes scolaires et municipales, etc.)
  • Documents liés à la voiture (contrat d’achat, prêt, bail, preuve d’assurance, immatriculation, etc.)
  • Documents liés à l’école, à l’emploi ou à l’aide sociale
  • Contrats d’assurance (auto, maison, vie, etc.)
  • Accès aux comptes sur internet et mots de passe
  • Testaments

Immigration

  • Preuve de résidence permanente
  • Preuve de statut de réfugié
  • Preuve de citoyenneté (canadienne ou autre)
  • Visas
  • Permis de travail
  • Documents relatifs à une demande d’immigration en cours
  • Noms et coordonnées de votre représentant légal ou de votre agent d’immigration

Santé

  • Carnet de santé ou de vaccination
  • Médicaments et prescriptions
  • Attelles, orthèses, appareils dentaires
  • Coordonnées des professionnel-les à votre dossier ( travail social, psychologie, médecine, dentisterie, pharmacie, physiothérapie, etc.)

Enfants

  • Doudou, toutou, poupée ou jeu préféré
  • Suces, pantoufles, vêtements préférés
  • Jeu vidéo portatif
  • Matériel scolaire
  • Nom et coordonnées des enseignant-es et de l’école
  • Dernier bulletin scolaire

Autres

  • Carnet d’adresses
  • Clés (voiture, maison, casier postal, etc.)
  • Photographies du contenu et de l’état de la maison au moment du départ
  • Bijoux et petits objets de valeurs
  • Objets importants et irremplaçables (souvenirs, etc.)

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Bien que la violence conjugale touche majoritairement des femmes, elle peut aussi toucher les hommes et les personnes issues de la diversité sexuelle et de genre. Les services de SOS violence conjugale sont offerts à toutes les personnes touchées par la problématique.

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