Témoignages 98

Quand on était ensemble, si j'intervenais auprès de notre enfant, pour la discipline par exemple, il intervenait par-dessus moi pour lui dire des choses comme «Écoute-la pas, elle ne sait pas de quoi elle parle.». Après notre séparation, il lui racontait nos chicanes et me dénigrait auprès de mon enfant. À la fin, c'est mon fils lui-même qui disait aux intervenants (dont un juge) que je n'étais pas fiable et que je savais pas comment prendre soin de lui...
  • Femme
  • 40 ans
  • Violence par proxy, Violence post-séparation
Je n'ai jamais subi de violence physique... ni même de violence verbale «claire». Tout était subtil... des regards noirs... des soupirs... des silences... des absences... l'infidélité... une tension extrême dès que je ne me «soumettais» pas. C'était lourd, tellement lourd. Les enfants aussi le sentaient, je les voyais «écraser» devant leur père... ça me fendait le coeur. Ça a duré 28 ans. J'ai fait 3 «dépressions» que je comprends aujourd'hui comme un épuisement face à toute cette lourdeur que je portais jour après jour. J'ai parfois espéré qu'il me frappe... au moins là j'aurais été certaine que c'était de la violence.
  • Femme
  • 62 ans
  • Violence psychologique, Violence émotionnelle
Il m'a offert un beau petit chiot pour notre 3e anniversaire de mariage : un petit berger australien que j'ai appelé Jack. Pauvre Jack... il est devenu mon double... au lieu de me menacer ou de me frapper, il frappait Jack. Je ne me souviens plus du nombre de fois où il est parti avec Jack en me disant qu'il allait s'en débarrasser, ou le faire euthanasier... puis il revenait en disant qu'il n'avait pas pu le faire, que je n'arriverais pas à faire de lui un «monstre» (parce que évidemment, c'était toujours de ma faute). J'ai voulu partir en hébergement mais je n'avais pas d'endroit où laisser Jack en sécurité, alors je suis restée.
  • Femme
  • 35 ans
  • Violence par proxy
L'an dernier, j'ai passé 3 mois dans une Maison d'hébergement. J'avais appelé SOS de ma voiture un soir que j'étais sortie avec les enfants parce que la tension était trop forte dans la maison. Je n'en pouvais tout simplement plus, j'allais craquer. Au début, j'étais vraiment stressée, mais les intervenantes de la Maison étaient tellement gentilles. J'ai dormi pendant 3 jours... c'est là que j'ai compris que j'étais épuisée. Plus le temps passait, plus je voyais ce à quoi j'avais été confrontée, toute la violence psychologique au quotidien et j'étais réellement surprise... et soulagée aussi de mettre des mots sur ce que j'avais vécu. Maintenant, j'ai mon logement avec mes enfants. C'est pas toujours facile parce que les démarches légales sont toujours en cours, mais mon intervenante est là si j'ai besoin de parler, et elle m'accompagne dans mes démarches. Ça m'aide beaucoup à avancer.
  • Femme
  • 39 ans
  • Conséquences de la violence
Quand on était en zone rouge, on n'avait pas le droit d’inviter des gens dans la maison... mais comme mon opinion compte zéro dans la balance il s'en moquait… ils étaient 15 dans le sous sol à un moment donné et il m'obligeait à rester avec eux... J'avais peur que quelqu'un ait la Covid et crée une éclosion, j'avais peur de l'attraper, il y avait des vrais risques... et j'avais peur qu'on se fasse prendre aussi... c'était extrêmement stressant.
  • Femme
  • 56 ans
  • Violence psychologique, Violence physique indirecte
On commence à faire l’amour et il me demande de faire quelque chose qu'il sait que je ne souhaite pas faire. Devant mon refus, il se vexe rapidement, il crie, il me traite de "chienne", il m'accuse de le tromper..... Plus tard, il met des couvertures par terre pour que j'y dorme... comme une vraie chienne.
  • Femme
  • 19 ans
  • Violence psychologique, Violence sexuelle
C'était en hiver, le soir, je suis sortie pour mettre les sacs de poubelle au bord de la rue sans mettre mon manteau. Quand je suis revenue à la maison, la porte était barrée. J'avais vraiment froid. Une demi-heure plus tard, je l'ai vu dans la fenêtre du 2e étage avec mon fils de 12 ans... lui il riait, mon fils était figé. J'ai fini par creuser dans la neige pour trouver la clé d'urgence... je me suis fait des engelures importantes aux deux mains. Je ne suis plus jamais sortie de la maison sans mes clés dans mes poches après ça. Des années plus tard, quand il était rendu adulte, mon fils m'a dit à quel point il s'était senti coupable de ne pas avoir tenu tête à son père ce soir-là. À 38 ans, il pleurait sa rage et sa peur.
  • Femme
  • 71 ans
  • Violence physique indirecte, Conséquences de la violence
C'était quand on a déconfiné et qu'on avait enfin le droit d'aller voir nos proches à l'extérieur. J’ai suggéré d’aller voir ma sœur dans sa cour. Tout de suite, ça a été l’orage, les regards de mépris, les soupirs découragés… comme si j’étais vraiment irresponsable de penser faire ça. On est pas allé finalement.
  • Femme
  • 38 ans
  • Violence psychologique, Isolement
Petit à petit, chaque jour un peu plus de tension, de malaise.. entrecoupés de jours que je prenais comme des cadeaux où il était souriant, ou je retrouvais l'homme que j'aimais, le père aimant et l'homme chaleureux.. Jusqu'a ce jour fatidique où il m'a traité de merde, de mauvaise, de salope devant mes enfants et mon plus grand de six ans qui me regardait avec des larmes dans les yeux en me demandant pourquoi papa me parlait comme cela, que ce n'était pas vrai, que je n'étais pas mauvaise... Ces larmes dans les yeux de mes enfants et l'incompréhension dans les yeux de mon aîné ont été le premier déclic. La fureur et le dégoût dans les yeux de l'homme que j'aimais quand il m'a regardé et fait tombé sur le sol ont été les suivants.. Je ne pouvais plus, il fallait que cela cesse.. Maintenant.. Tout de suite..
  • Femme
  • 40 ans
  • Violence psychologique, Violence physique directe
Dans ma relation, j'avais l'impression que mon mari avait comme une immense «bulle», qui prenait toute la place disponible, et que moi j'étais coincée en dessous, prise, avec presqu' aucune place pour bouger. Et quand je bougeais trop fort... ça «pétait» sa bulle et j'en payais le prix...
  • Femme
  • 56 ans
  • Violence psychologique
Un soir, après une semaine particulièrement difficile, j'ai demandé à mon conjoint de me reconduire à une chambre d'hôtel. Il m'y a laissée en riant, certain qu'il était que je le rappellerais le lendemain pour qu'il vienne me chercher. Quand la porte s'est refermée sur son éclat de rire, j'ai regardé ma chienne Mira dans les yeux pour la rassurer. Une chance qu'elle était là ! J'ai longtemps fixé les bras de mon fauteuil roulant, me jurant que ma sclérose en plaques ne ferait pas en sorte que je doive le rappeler parce que j'avais besoin de son aide. J'ai choisi de faire un grand saut dans le vide pour changer ma vie. Ce moment est gravé à jamais dans ma mémoire, c'est le point tournant de ma vie.
  • Femme
  • 44 ans
  • Violence psychologique, Violence émotionnelle
Pendant le confinement j'ai été obligée de travailler de la maison pendant un an et quelques mois. C'était dur quand même, j'avais jamais de pause de ce qui se passait chez nous. Quand on a commencer à réintégrer le bureau, il m'a dit que mon emploi s’était très bien organisé avec le travail de la maison et que je devais trouver une façon de convaincre ma patronne de me laisser continuer… mais moi j'avais envie d’y retourner. Le pire c'est que je risque ma job si j'insiste trop... Je me sens tellement prise.
  • Femme
  • 48 ans
  • Violence psychologique, Violence économique
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