S’extraire de l’emprise de la violence conjugale: reprendre le pouvoir sur sa vie
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S’extraire de l’emprise de la violence conjugale: reprendre le pouvoir sur sa vie

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Quand on subit de la violence conjugale ou de la violence post-séparation, on se retrouve souvent dans un tourbillon d’événements et de manipulations qui donne l’impression de ne pas avoir de prise sur ce qui arrive dans sa vie. Il existe différentes stratégies pour retrouver du pouvoir sur sa situation et éventuellement s’extraire de l’emprise et du contrôle coercitif. Il est important de savoir que la violence conjugale comporte de nombreux enjeux, et que ceux-ci peuvent bloquer certaines avenues pendant un moment. Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix ou de façon saine ou malsaine de gérer sa situation. L’important, c’est de suivre son instinct sur ce qui est le plus sécuritaire pour soi et pour ses enfants.

En cas d’urgence, signaler le 911

Il est important de savoir qu’on peut toujours composer le 911 pour recevoir l’aide des services d’urgence lorsque des comportements violents se produisent, si on a peur ou si on craint pour la sécurité de quelqu’un d’autre, y compris celle de la personne violente. On peut aussi appeler le 911 si on veut quitter un partenaire mais qu’on craint sa réaction au moment de partir.

Briser le silence et trouver du soutien

En violence conjugale, la personne qui veut gagner du pouvoir dans la relation éloigne généralement volontairement les proches, pour empêcher la victime d’avoir accès à leur soutien moral et concret, ainsi qu’à une vision des choses où elle n’est pas responsable de la situation. Pour y arriver, différentes stratégies d’isolement sont généralement mises en place par l’agresseur assez tôt dans la relation. C’est souvent difficile de retourner vers ses proches alors qu’ils ont été éloignés depuis longtemps, mais quand c’est possible de rétablir des liens avec eux ou de s’ouvrir sur sa situation, ça peut faire un monde de différences. 


Il peut aussi être utile d’avoir accès à une intervenante spécialisée en violence conjugale. Cette intervenante peut offrir du soutien et de l’accompagnement, peu importe ce que l’on souhaite faire de sa situation. On peut avoir accès à du soutien anonyme par téléphone, à des rencontres en individuel ou à des groupes de soutien.

Faire des scénarios de protection

Peu importe les formes de violence que l’on subit, il est utile de faire des scénarios de protection pour planifier ce qu’on peut faire en situation de danger et améliorer sa sécurité physique et psychologique.

Documenter les évènements

À cause des nombreux enjeux de la violence conjugale, il est possible qu’on ne souhaite pas porter plainte ou se séparer au moment présent. Il peut tout de même être utile de garder des traces des événements violents (qu’ils soient de nature criminelle ou pas) dans l’éventualité où on souhaiterait porter plainte dans le futur ou si on a besoin de faire reconnaître la présence de violence conjugale dans une démarche de séparation éventuelle. 

Pour documenter efficacement une situation de violence, on peut :

  • Décrire les événements par écrit : en consignant la date, le lieu et l’heure de l’événement ainsi qu’une description détaillée de ce qui s’est passé. Pour le faire, on peut décrire l’événement comme si on était une personne extérieure qui regardait la situation, en écrivant le plus précisément possible les paroles et les gestes posés, les siens tout autant que ceux du partenaire.
  • Conserver toute information pertinente qui peut servir de preuve : les écrits (textos, courriels, lettres manuscrites, etc.), les enregistrements (messages ou conversations téléphoniques, etc.) ou les photos (blessures, dégâts dans la maison, etc.) qui démontrent que l’événement a eu lieu
  • S’il y a des témoins, conserver leurs coordonnées et leur propre description écrite de ce dont ils ont eu connaissance. S’il s’agit de nos enfants par contre, il vaut mieux éviter de leur demander de consigner leurs observations puisque cela pourrait nuire à leur propre rétablissement. On peut noter leur présence et ce à quoi ils ont été exposés, mais sans les solliciter pour le décrire.

Lorsque la relation est toujours en cours, il faut faire attention à l’endroit où cette information est conservée. Si possible, il est préférable que ce soit à l’extérieur de son domicile (au travail, chez une amie, etc.) et d’éviter de le faire sur tout appareil électronique auquel le partenaire a accès.

Se faire sa propre idée de sa situation

Dans les situations de violence conjugale, la personne qui exerce la violence impose généralement à la victime sa propre vision des choses et des événements. Ce processus est insidieux mais peut faire en sorte qu'on ait de la difficulté à y voir clair et à se faire sa propre idée de sa situation.

Le fait de documenter la situation peut déjà servir de repère pour soi-même, si on vient à douter de ses perceptions à cause de la violence psychologique du partenaire quand il tente d'imposer sa version des événements pendant la phase de rémission du cycle de la violence conjugale. Le fait de conserver des évidences de ce qui s'est réellement passé et de ce qu'on a saisi au moment des faits peut aider à contrer la manipulation de l'agresseur.

On peut aussi compléter le questionnaire interactif disponible sur ce site web, pour explorer les différentes manifestations de violence qui peuvent être présentes dans sa relation.

Explorer l'idée de rompre la relation

La rupture est sans équivoque la décision la plus difficile à prendre pour une victime de violence conjugale. Il est très possible que ça ne soit pas la meilleure décision pour vous à court-terme. Les enjeux sont grands et le chemin, parsemé d'embuches. Par contre, un jour viendra où une opportunité de quitter en sécurité sera possible. il s'agit d'une avenue qui peut favoriser la sécurité à long terme dans certaines situations.

Vous avez le droit d'explorer l'idée de quitter votre partenaire, d'en explorer les enjeux, de réfléchir aux ressources que vous pourriez utiliser et aux moyens de mitiger le danger. Plus on a la possibilité de préparer ce départ, plus il a de chances qu'il se passe le mieux possible. Vous pouvez aussi faire cette réflexion avec quelqu'un qui en comprend la complexité et qui ne mettra aucune pression sur votre choix en faisant appel à une intervenante dans une ressource spécialisée en violence conjugale.

 

Se réfugier en Maison d’hébergement

Lorsqu’on subit de la violence conjugale, on peut avoir besoin de se réfugier en Maison d’hébergement pour prendre un pas de recul de sa situation, pour trouver un espace sécuritaire suite à un événement de violence, ou au moment de quitter le partenaire violent. Au Québec, il existe tout un réseau de Maisons d’hébergement de première et de seconde étape qui sont disponibles pour contribuer à assurer la sécurité et pour aider à planifier la meilleure suite possible pour soi et ses enfants.

Porter plainte au criminel

Lorsqu’on a subi des infractions criminelles en contexte conjugal, on a le droit de porter plainte peu importe le temps passé depuis l’évènement. Le fait de porter plainte peut comporter plusieurs enjeux. Il est donc utile d’y réfléchir avec le soutien d’une intervenante spécialisée en violence conjugale. Au besoin, on a également le droit d'être accompagnée dans la préparation de sa déclaration ainsi qu’au moment de rencontrer les policiers. On peut aussi consulter un.e avocat.e de façon anonyme et gratuite via le service Rebâtir, afin de peser les enjeux légaux de cette décision.

Demander une indemnisation financière à l’IVAC

Au Québec, que l’on choisisse ou non de porter plainte auprès des autorités, on peut demander une indemnisation pour certaines formes de violence criminelles. Dans les situations de violence conjugale comme dans celle des situations de violence sexuelle ou de violences subies dans l’enfance, il n’y a plus de temps limite pour faire une demande d’indemnisation. Cette indemnisation peut couvrir les frais liés à un arrêt de travail, aux soins d’un enfant né d’un viol, à des soins psycho-sociaux ou médicaux (incluant ceux à une personne qui n’est pas couverte par l’assurance-maladie), à un déménagement, à un système d’alarme, etc.

Si vous le souhaitez, vous pouvez être accompagnée dans cette démarche, par une intervenante spécialisée en violence conjugale dans une Maison d'hébergement, ou encore par les intervenant-es des Centres d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC).

Pour entrer en contact avec une intervenante spécialisée en violence conjugale ou dans la défense des victimes d'actes criminels, avec un-e avocat-e, ou pour avoir accès aux ressources d’hébergement ou à toute autre ressource pouvant vous être utile, nous sommes disponibles 24h/24 par téléphone au 1 800 363-9010.

SOS violence conjugale

Bien que la violence conjugale touche majoritairement des femmes, elle peut aussi toucher les hommes et les personnes issues de la diversité sexuelle et de genre. Les services de SOS violence conjugale sont offerts à toutes les personnes touchées par la problématique.

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Dans certaines situations, il pourrait être préférable de consulter notre site à partir d'un appareil auquel votre partenaire n'a pas accès : l'ordinateur le téléphone d'une amie, au bureau, à la bibliothèque, etc. Votre sécurité est importante.