Témoignages 90

Quand il revenait du travail, j'essayais de sentir dans quel état il était. S'il était de mauvaise humeur, je le sentais dès qu'il mettait le pied hors de son auto et j'étais sur le qui-vive. Dans ces moments-là, peu importe ce que je faisais, ça finissait toujours mal. Il pouvait aller jusqu'à fracasser tout ce qui lui tombait sous la main.
  • Femme
  • 52 ans
  • Violence psychologique, Violence physique indirecte
Quand j'avais fait quelque chose qui le contrariait, il m'ignorait pendant des jours, des semaines, sans me dire pourquoi il était contrarié. Il fallait que je devine, et tant que je n'avais pas «fait amende honorable», la pression horrible perdurait. Il me faisait sentir qu'il contenait/retenait une grande colère à mon endroit, mais sans jamais le dire clairement.
  • Femme
  • 42 ans
  • Violence psychologique, Violence émotionnelle
Un des pièges de ma relation, c'est qu'il me donnait l'illusion de tenir compte de ce que je disais... mais dans le fond, c'était juste une ruse pour me berner. Par exemple, un jour, il m'a frappée et vraiment blessée. Je lui ai dit que si jamais il me frappait à nouveau, c'était fini. Il était d'accord et effectivement, il ne m'a plus jamais frappée et était même allé consulter un psychologue... mais sa violence psychologique et son contrôle n'ont jamais cessé de grandir. Cependant, comme il ne me frappait pas, et que j'avais l'impression qu'il avait fait son «bout de chemin», ça a pris des années avant que je réussisse à remettre ma relation en question.
  • Femme
  • 55 ans
  • Violence psychologique, Violence physique directe
Il passait d'un extrême à l'autre, de la colère la plus intense à l'amoureux le plus doux, généreux et attentionné. C'était des montagnes russes. Avec le temps, il y avait de plus en plus de «bas» et de moins en moins de «hauts»... mais juste assez pour me garder prisonnière de son cirque.
  • Femme
  • 29 ans
  • Violence psychologique, Conséquences de la violence
J'étais inquiète pour ma petite soeur. Elle était sur le point de refuser une opportunité d'emploi, parce que son chum ne voulait pas qu'elle travaille à cet endroit, car son ex travaillait dans la même bâtisse. Je ne savais pas quoi faire... c'est une collègue qui m'a proposé d'appeler SOS pour avoir de l'aide. Ça m'a aidée à respecter le choix de ma soeur, à comprendre qu'elle faisait ce qui était le mieux pour elle dans le moment présent. Mais je ne vous cacherai pas que c'est difficile à faire.
  • Violence économique
Quand je me suis séparée, c'est un voisin qui m'a aidée à y voir plus clair. Il m'a grandement aidée à prendre confiance en moi. Il m'a hébergée chez lui jusqu'à ce que je sois prête financièrement et moralement à trouver mon propre logement. Maintenant, je sais que je suis autonome et que je n'ai besoin de personne.
  • Femme
  • 48 ans
  • Conséquences de la violence
Mon ex-conjoint avait installé un logiciel de contrôle parental sur mon ordinateur à mon insu, et il avait donc accès à l'ensemble de mes activités en ligne: les pages que je visitais, mes mots de passe, l'accès à mes comptes de banque, à mon Facebook, à mon courriel... tout tout tout.
  • Homme
  • 44 ans
  • Violence technologique
Au départ, il ne voulait pas la garde. Quand il a découvert qu'il serait obligé de payer une pension alimentaire, il a demandé la garde partagée, puis a accepté une garde avec des accès «élargis», de longues fins de semaine et le mercredi soir. On a passé presque deux ans en Cour, à cause des délais qu'il imposait dans les procédures. Ça m'a coûté une fortune en avocat. Au final, il me donne une petite pension alimentaire, prélevée directement sur son salaire, mais il m'en veut de devoir le faire. Depuis la Cour, il ne respecte pas les conditions de la garde de notre enfant. Il vient le chercher et me le ramène quand il veut, sans me prévenir. Il dit qu'il s'en fout si je ne suis pas là quand il me ramène mon fils, et que ce n'est pas son problème si je ne peux pas être présente pour lui. Il le garde avec lui, au plus, 2-3 nuit par mois et donc, ne me verse pas assez de pension alimentaire pour notre temps réel de garde. Quand je lui en ai parlé, il m'a fait des menaces de mort et m'a dit que si je le ramenais en Cour, je devrais «oublier» mon fils. J'ai choisi de ne pas exiger justice actuellement, pour me protéger et protéger mon fils. Heureusement, une intervenante m'aide à documenter mon dossier pour le jour où je voudrais aller de l'avant.
  • Femme
  • 46 ans
  • Violence judiciaire, Violence post-séparation
Quand j'ai voulu partir, la première fois, il m'a menacée de révéler à des proches certaines informations sensibles qu'il détenait à mon sujet. Je lui avais confié avoir subi des agressions sexuelles de la part d'un de mes frères quand j'étais jeune et je lui ai parlé des répercussions que ça avait encore dans ma vie. Il m'a dit qu'il allait tout dire à mes parents, maintenant vieillissants et tous les deux affectés par d'importants problèmes de santé. Ça m'a sidérée... et m'a essentiellement figée dans la relation. J'ai rompu avec lui seulement quelques années plus tard, après le décès de mes deux parents.
  • Femme
  • 56 ans
  • Violence émotionnelle, Violence par proxy
Il ridiculisait mes croyances spirituelles (des cours de croissance personnelle), en disant que j'allais dans un monastère pour me faire «pogner les fesses».
  • Femme
  • 42 ans
  • Violence spirituelle ou identitaire
Au début, j'ai eu peur. Puis mon partenaire s'est mis à me dire que j'exagérais toujours tout, que j'étais «dramatique», que je me faisais des histoires, que je m'inventais des problèmes, etc. Au fil du temps, à force de la réprimer, de la refouler, de l'écraser... ma peur s'est tue. Un jour, mon partenaire m'a menacée avec un couteau et je n'ai rien ressenti. Rien du tout. Il avait réussi à débrancher mon système d'alarme. Le meilleur conseil que je pourrais donner à une personne qui se questionne aujourd'hui... c'est d'écouter sa peur.
  • Femme
  • 35 ans
  • Violence psychologique, Violence émotionnelle
Ça faisait trois ans que je travaillais avec une famille dont l'enfant avait de graves troubles de comportement. Rien ne fonctionnait. Mes méthodes habituelles ne collaient pas. La mère était découragée et me semblait de plus en plus déprimée. Lors d'une visite où le père n'était pas présent, j'ai remarqué que la mère semblait craindre la réaction du père si l'enfant ne s'améliorait pas. Je l'ai questionnée à ce sujet et d'après ses réponses, j'ai réalisé qu'elle était victime de violence conjugale. J'étais mal à l'aise parce que je ne savais pas exactement comment intervenir dans cette situation délicate. J'ai appelé SOS et on m'a offert du soutien à l'intervention et des outils à partager avec mon équipe.
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