Témoignages 87

Ça m'a pris du temps avant de réaliser que ce n'était pas moi le problème. J'ai très très longtemps pensé que c'était mon comportement qui provoquait la violence de mon conjoint. Il avait toujours une explication à sa violence, et cette explication c'était toujours moi. Il disait que je ne me rendais pas compte à quel point j'avais le don de «venir le chercher» et de «faire sortir le pire en lui».
  • Femme
  • 31 ans
  • Violence psychologique
Je suis une travailleuse sociale et je garde toujours les SOS-INFO dans mon bureau, car ils expliquent bien ce qu'est la violence conjugale. Étant donné que je ne suis pas spécialisée sur le sujet, ces documents me permettent une formation continue sur la problématique, mais aussi de pouvoir mieux l'évaluer ou l'expliquer avec les personnes que je rencontre.
Je m'inquiétais beaucoup pour ma mère et mes soeurs. J'avais appris par l'une d'elles que notre mère vivait de la violence psychologique et verbale de la part de mon beau-père. J'essayais de lui en parler, mais elle ne me disait rien et se renfermait. Je savais que je ne pouvais pas la forcer, mais en même temps, j'étais préoccupée par le sort de mes soeurs qui vivaient dans cet environnement toxique. J'ai appelé le 811 et ils m'ont référé à SOS violence conjugale. J'ai parlé avec une intervenante et j'ai pu recevoir des conseils, mais aussi des informations sur la violence conjugale. Quand j'ai revu ma mère, j'ai pu appliquer les conseils de l'intervenante et ma mère s'est confiée. J'ai rappelé SOS avec elle et l'intervenante a trouvé un hébergement pour elle et mes soeurs.
Je voulais vous remercier de l’aide apportée lorsque je vous ai appelé il y a 2 ans. J’ai réussi à sortir de l’emprise de mon ex depuis plus d’un an et demi. Il n’y a pas que des histoires d’horreur, il y a aussi plusieurs personnes qui s’en sortent et c'est important de le dire. J’étais avec un pervers narcissique, manipulateur, méchant et contrôlant. Je vous ai appelé vers la fin de la relation, après avoir dû contacter la police à 2 reprises pour m’aider. Ça a été difficile et ça m’a pris plusieurs tentatives, mais j’ai réussi à m’en sortir. Lorsque je vous ai appelé ça m’a beaucoup aidé, j’avais besoin de parler et mon réseau social était épuisé. Votre soutien, votre écoute et vos conseils m’ont beaucoup aidé. Donc merci beaucoup. Merci d’être là et de soutenir les personnes qui sont sous l’emprise d’une autre.
  • Femme
  • 29 ans
  • Conséquences de la violence
Si je ne répondais pas à ses textos en moins de 5 minutes, c'était la crise totale. Je devais m'arrêter sur la route ou passer mon temps aux toilettes au travail pour lui répondre. J'ai eu plusieurs réprimandes de mon employeur et j'ai failli perdre mon travail... c'était tellement stressant...
  • Femme
  • 29 ans
  • Violence technologique, Harcèlement
Hier, ma meilleure amie m'a prêté son téléphone pour faire une recherche pendant qu'elle allait commander son repas au comptoir et son conjoint a commencé à la texter... et ce que j'ai lu m'a beaucoup inquiétée. J'y ai vu des menaces, un manque de respect, il exigeait de savoir où elle était, et pourquoi elle ne l'avait pas rappelé tout de suite quand il lui avait demandé. Quand mon amie est revenue, je lui ai montré les messages et elle est devenue extrêmement nerveuse en textant avec lui. 10 minutes après, elle a dit qu'elle avait mal au ventre et qu'elle préférait rentrer à la maison... mais je pense que son conjoint a exigé qu'elle rentre.
  • Harcèlement
Quand on s'est rencontré, je me souviens de lui avoir dit que les maths et moi, ça n'avait jamais fait bon ménage. Après ça, il me disait toujours (en farce au début, puis plus sérieusement) que je n'avais pas «la bosse des maths» mais que ce n'était pas grave parce que lui, il l'avait. Avec le temps, c'est devenu le prétexte pour qu'il s'occupe de tout ce qui concernait notre vie financière. Au début j'étais soulagée (qui ne l'aurait pas été !)... mais avec le temps, j'avais de moins en moins de «corde». Il surveillait mes achats sur mon compte de cartes de crédit et critiquait la moindre dépense qu'on n'avait pas «réfléchie ensemble»... il disait aussi que j'étais «financièrement irresponsable».
  • Femme
  • 53 ans
  • Violence psychologique, Violence économique
Je passais des nuits entières à ne pas dormir, parce qu'il me disait souvent qu'un jour, il allait se suicider et m'amener avec lui.
  • Femme
  • 37 ans
  • Violence psychologique, Violence émotionnelle
Ce qui a été le plus difficile à vivre pour moi c'est que mon mari contrôlait mon sommeil. Il exigeait que je me lève avec lui quand il devait aller travailler (à 2 h du matin) par «solidarité». Après une heure à boire du café et à jaser pendant qu'il se préparait, j'avais le temps de vraiment bien me réveiller, et je n'arrivais plus à dormir ensuite. Lui, se couchait à 19h, mais moi je devais m'occuper des enfants (sous prétexte que lui travaillait très tôt) et je ne pouvais pas me coucher avant 21h ou 22h. J'étais toujours épuisée de ne pas pouvoir dormir suffisamment. Ça a duré des années. Encore maintenant, longtemps après ma rupture, je me réveille tous les jours à 2 h du matin.
  • Femme
  • 51 ans
  • Violence physique indirecte, Conséquences de la violence
Quand je l'ai rencontrée, elle m'a dit qu'elle souffrait d'un cancer «terminal». Très rapidement, elle m'a demandé de lui prêter de l'argent pour payer des médicaments et des traitements. Je l'ai même emmenée en voyage dans le sud, croyant qu'elle vivait ses derniers mois. Quand j'ai commencé à me poser des questions, et à LUI poser des questions, elle m'a laissé. J'ai su par la suite qu'elle n'était pas du tout malade. Je me suis senti trahi... et honteux aussi, de l'avoir crue.
  • Homme
  • 27 ans
  • Violence émotionnelle, Violence économique
J'ai l'impression d'avoir passé la moitié de ma vie à faire des efforts incroyables pour que ça se passe bien, à marcher sur des oeufs, à toujours faire attention de ne pas le fâcher, de ne pas le provoquer, de ne pas le déranger, de ne pas l'énerver, de ne pas parler trop fort, de ne pas dire des niaiseries... ça m'a demandé tellement d'énergie qu'il ne m'en restait plus pour autre chose. C'était un travail de chaque instant. Ce qui me fait mal aujourd'hui, c'est quand quelqu'un me dit «mais pourquoi tu n'as rien fait?».
  • Femme
  • 48 ans
  • Conséquences de la violence
Il se plaçait devant la porte de la pièce où j'étais pour ne pas me laisser sortir. Les jours où j'étais plus en forme et que je ne cédais pas à ses demandes, ça pouvait durer des heures. Il ne me touchait pas et ne disait rien, il se tenait debout, les bras croisés, me fixait du regard et se déplaçait plus à gauche ou plus à droite si je tentais de sortir. C'était une véritable torture mentale.
  • Femme
  • 52 ans
  • Violence physique indirecte
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