Témoignages 87

Quand on s'est rencontré, je n'avais pas encore fait mon «coming out» à ma famille. Il m'a dit qu'il n'avait pas l'intention de faire du «gaybysitting» et que si je voulais sortir avec lui, je devais le dire à mes parents. J'avais décidé de ne pas sortir avec lui pour cette raison, mais il continuait de venir me rejoindre à mon travail et on a fini par sortir ensemble quand même. Quelques mois plus tard, ma mère m'a appelé en pleurant... elle avait reçu un courriel de lui, qui lui révélait notre relation. Un peu plus tard, il m'a dit qu'il m'avait prévenu que si je sortais avec lui je devais le dire... et que comme je ne l'avais pas fait, il était dans son droit de le faire...
  • Homme
  • 23 ans
  • Violence émotionnelle, Violence par proxy
Ça faisait quelques années que nous étions mariés quand j'ai réalisé que j'étais victime de violence de la part de ma conjointe. Elle m'insultait constamment, peu importe à quel point j'étais attentionné à son égard. C'était particulièrement compliqué parce que je travaillais dans l'entreprise de son père. Le premier pas que j'ai fait pour m'en sortir a été de parler avec un intervenant. Après quelques mois, j'ai quitté mon emploi pour un autre, ce qui a aidé à dénouer un peu la situation. Quelques années plus tard, je me suis séparé.
  • Homme
  • 46 ans
  • Violence émotionnelle
Dès que je n'étais pas d'accord avec lui, que je ne faisais pas mille contorsions pour entrer dans le moule, je devenais la «criss de folle». Il le disait tout bas, entre ses dents, et avec un air de dédain. Ça s'est imprimé dans mon esprit et encore aujourd'hui, longtemps après ma rupture, je l'entends encore dans ma tête. Il m'a fait beaucoup d'autres choses, incluant de la violence physique à plusieurs reprises, mais ce qui m'a le plus marqué ce sont ces trois petits mots... «criss de folle».
  • Femme
  • 43 ans
  • Violence psychologique, Violence émotionnelle
On se préparait pour aller au party de Noël de mon bureau. Ça ne lui tentait pas d’y aller. On était dans la salle de bain. Il m’a prise par les épaules et m’a placée de force devant le miroir. Il me retenait là avec ses mains et son corps pressé dans mon dos et me disait de me regarder, que je m’étais maquillée comme une «guidoune», mais j'étais maquillée exactement comme d’habitude. Je l’ai supplié d’arrêter mais il continuait et continuait. Il m'accusait de vouloir impressionner quelqu’un, que je «cruisais» mes collègues. Mon maquillage était gâché. J’avais beau lui dire que ce n’était pas vrai, il continuait. Il ne me tenait pas fort, pas assez pour me faire des bleus, mais suffisamment pour que je ne puisse pas m’en aller. J’ai fini par crier après lui et j’ai égratigné sa main en essayant de faire en sorte qu’il me lâche. Il m’a lâchée en me traitant « d’ostie de folle ». Je n’avais plus envie d’aller au party, mais il insistait maintenant pour y aller. J’ai refait mon maquillage, mais cette fois j'en ai mis moins que d’habitude. Je n’avais pas envie que ça recommence. Rendus au party, j’avais le cœur dans les talons et je faisais attention pour ne pas parler à mes collègues masculins. Lui, au contraire, il parlait à tout le monde. Plus tard dans la soirée, une collègue est venue me dire qu’il montrait son égratignure à tout le monde, et qu’il leur demandait comment ils me trouvaient au bureau, parce que j’étais agressive à la maison…
  • Femme
  • 41 ans
  • Violence émotionnelle, Violence par proxy, Violence physique directe
J'ai appris à 28 semaines de grossesse que j'avais un placenta prævia et que je devais rester alitée mais mon conjoint refusait. Il me forçait à faire le ménage et les repas sous prétexte que c’était mon travail et que j’étais lâche. À son anniversaire, il a invité plusieurs amis à souper et j’ai dû préparer un gros repas malgré la consigne de rester alitée. Après le souper, j’ai dû faire la vaisselle avant de pouvoir aller me coucher. J’avais extrêmement mal au ventre. Le lendemain, j'ai fait une hémorragie et j’ai été hospitalisée pour le reste de ma grossesse.
  • Femme
  • 21 ans
  • Violence émotionnelle, Violence physique indirecte
J’ai mis fin à une relation toxique après six années de mensonges, de manipulations, de violences verbales et physiques. Il n’a pas accepté notre séparation et me harcelait sans cesse. Après 3 mois de harcèlement, j’ai porté plainte à la police pour de la violence physique et du harcèlement criminel. Il a plaidé coupable devant la cour municipale 15 mois après le début des procédures judiciaires. J’ai témoigné à la Cour avant sa sentence et malgré le fait que c’était très difficile, j’étais fière de l’avoir fait. Aujourd’hui, je suis en paix ! - Mimi
  • Femme
  • 49 ans
  • Violence physique directe, Harcèlement
Je le prenais en pitié lorsqu’il me frappait parce que je me disais qu’il avait subi cela étant jeune enfant. Quand j’ai appris qu’il m’avait menti durant 6 ans sur qui il était, je me suis dit qu’il avait dû me mentir aussi sur sa jeunesse et s’en servir comme excuse pour sa violence. - Mimi
  • Femme
  • 49 ans
  • Violence psychologique
Je suis arrivée au pays il y a 4 ans. Mon mari a pris mon passeport et ceux des enfants et les a cachés. Il m'a dit que mes enfants avaient été acceptés pour l'immigration mais pas moi... et que comme je n'avais pas les papiers, je ne pouvais pas sortir parce que je me ferais arrêter. J'avais très peur de la police parce que dans mon pays il y a beaucoup de corruption et de violence. En plus, je ne parlais pas français ni anglais. je suis restée deux ans à l'intérieur de la Maison, à toujours avoir peur d'être renvoyée dans mon pays et séparée de mes enfants. Quand je suis tombée enceinte, j'ai eu des difficultés et j'ai dû aller à l'hôpital... l'infirmière a rapidement compris que j'étais terrifiée et a trouvé une façon pour me parler seule avec une interprète. Cette infirmière m'a sauvé la vie.
  • Femme
  • 27 ans
  • Violence psychologique, Isolement
Il cherchait toujours le moindre détail pour me critiquer. Par exemple, une fois j’avais fait le ménage de mon appartement avant qu’il vienne chez moi. Tout était propre. J’ai vidé la litière du chat dans la poubelle de la cuisine avant son arrivée. Lorsqu’il a voulu jeter un déchet, il a vu la litière du chat dans la poubelle. Il n’a pas apprécié et s’est exclamé : « Si tu fais encore ça, je ne viendrai plus chez toi » !
  • Femme
  • 29 ans
  • Violence psychologique
Ça nous a pris plusieurs années pour se relever, mais maintenant, mes garçons et moi sommes totalement libérés et épanouis. Nous avons certes des cicatrices au sens propre et au sens figuré, mais nous sommes sereins. La paix d'esprit n'a pas de prix. Nous avons eu très peur et avons craint pour notre vie. Les policiers, la Cour familiale et les avocats de l'aide juridique ont su agir. Pas parfaitement, le système, comme vous le savez trop bien, a encore besoin de modifications pour être adéquat dans un contexte de violence. Ça a été une éprouvante et longue épreuve, car le système est lent et parfois ignorant. Votre main tendue, votre écoute, votre respect, votre calme, votre bienveillance et vos conseils précis nous ont propulsés vers toutes les étapes qui mènent à la liberté, loin de la souffrance. Votre aide nous a littéralement sauvés. Encore aujourd'hui, des années plus tard, car ça prend du temps pour se tenir la tête haute et le dos droit, vos paroles réconfortantes et votre reconnaissance me guident. Jamais je ne vous oublierai. Vous êtes vraiment, vraiment des anges gardiens, des super-héros. Merci au nom de mes deux garçons et de moi-même. Nous sommes vraiment bien aujourd'hui, grâce aux services de SOS et des ressources spécialisées en violence conjugale. La violence ne fait aucune distinction d'âges, de milieux sociaux, d'éducation, de milieux culturels. Elle est sournoise, mais pas invincible.
  • Femme
  • 43 ans
Au début de la relation, c'était le gars parfait. Il était respectueux et admiratif. J'étais la femme de sa vie et il me couvrait de compliments. Je ne m'étais jamais sentie aussi comblée. Quand il y a eu des petites «craques» dans son image, des petites insultes, des commentaires déplacés... ça passait parce que je l'avais déjà «catégorisé» comme étant un gars gentil, respectueux et compréhensif. Au lieu de douter de lui et de ses comportements, je me suis mise à douter de moi.
  • Femme
  • 27 ans
  • Violence psychologique
Il faisait preuve de racisme à mon endroit, et en général. Il tenait des préjugés basés sur la couleur de peau ou l'origine ethnique. Et quand j'essayais de me défendre... ou d'aller contre ses idées sur les autres, il disait que je faisais du «racisme inversé» et que tout m'était dû... Ça faisait des conversations pénibles, où je me sentais sur la défensive, ce qu'il utilisait pour me démontrer que c'était moi qui étais fermée à lui, et essentiellement raciste à mon tour. Je sortais de ces conversations épuisée et confuse.
  • Femme
  • 38 ans
  • Violence psychologique
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